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Le musée textile : San Cristobal

San Cristobal de la casas

Plus nous marchions dans San Cristobal, plus nous découvrions les joyaux de cette ville. La brodeuse avec laquelle j’ai eu la chance de broder m’avait conseillé un marché. Un marché pour découvrir encore l’art artisanal des Chiapas et un autre où je pouvais acheter des fils à broder. Car oui, elle m’a conseillé de continuer à broder, d’acheter du fil à coudre et de m’entraîner. Le lendemain même, je pars à la conquête des marchés.

 

 

 

Entre articles textiles et habillement

En se baladant dans le premier marché, on était presque essoufflé de tant de découvertes. Habillement, bracelet brésilien, pompon, hamac, chaussure, sac, cuir, on peut trouver de tout. Comme toujours je prend sur moi pour ne pas tout acheter. « On est en sac à dos, on a pas de place ». On s’écarte à peine de ce marché pour reprendre notre respiration. Car les enfants jouent, courent, il y a beaucoup de monde, de bruit… On s’assoit sur un banc. Face à nous : le musée du textile.
Dans un ancien coueant immense, se trouve le musée des arts des Chiapas.

Les débuts du musée

Les premières pièces parlent des chiapas en général et de San Cristobal. Pourquoi cette ville s’appelle San Cristobal ? Comment cette ville a survécu ? Comment est-elle devenue si importante en matière textile ? D’où vient son art ?

La vidéo explicative

Arrivée à l’étage, on passe dans une pièce pour regarder une vidéo. Elle explique comment tisser avec des métiers à tisser. Comment se faisait une teinture et un apprêt avant l’industrialisation. Comment les femmes brodaient avant la révolution industrielle et comment cet art vit encore au Chiapas.

 

La pièce aux mille trésors

Entrer dans la pièce où tout est exposé c’est entrer dans le vif du sujet. La pièce qui te fais dire : « je vais y rester 3 heures ». Du tissu d’ameublement en passant par de la confection, de la tapisserie jusqu’au produits finis, on peut tout y voir. Tout imaginer surtout. J’ai toujours du mal à penser que ce sont ces femmes mexicaines qui ont tout confectionné. Elles entrelacent le fil de trame dans les fils de chaîne. Ce mécanisme qui s’apparente à une chorégraphie est magnifique.
Fil de coton, fil de soie, le tissage peut commencer.

Les fils sont noués autour du cadre, elles les démêlent avec un peigne pour les aligner un à un. Une patience d’ange car ce n’est que la première étape. Le peignage est un art et tisser aussi. Le fil de trame est en train de s’entrelacer pour former une étoffe. Ce n’est pas de la magie mais bien les prémices d’une entreprise textile.
L’ouvrière, cette magicienne, va transformer une pelote de fil en soieries ou cotonnières.

 

Le tissus

Le tissu coton et tissu de soie ont maintenant pris forme. Les couturières prennent le relai. Elles assemblent les pièces de tissus pour en faire un vêtement. A la main ou à la machine à coudre selon l’époque, elles donnent forme aux habits. Mais maintenant, ce n’est pas fini, il faut teindre ou il faut broder. Le travail est long. Il faut un talent immense pour réaliser rien qu’une de ces pièces.

Je me trouve dans ce musée et réalise l’ampleur du travail. Des costumes entiers au petit chemisier brodé, le travail est présent et il est surtout magnifique. L’exposition se trouve dans une seule pièce. Mais des tiroirs peuvent s’ouvrir et une pièce est exposée par tiroir. Je crois que je n’ai oublié aucun tiroir. Pour moi, c’était la caverne d’Ali baba.

Cet entrecroisement de fibres textiles me parle. Loin d’être une production mondiale, mais le monde mérite de connaître un aussi beau travail. Un métier à tisser est une pièce de collection de nos jours en France. Elles arrivent à faire des métiers « à la ceinture ». Je pense que 2 heures de travail dans cette posture et nous aurions tous mal au dos. Elles ne disent rien, elles sont habituées. Elles aiment ce qu’elles font. Et l’amour est plus fort que tout.

 

 

 

Broderies

Les motifs qu’elles brodent en différents points (point de croix, point de chaînette, etc…) sont des motifs qui se transmettent de génération en génération. C’est en général leur vision de la vie. Ce sont des motifs anciens, mais elles le brodent en automatique car c’est leur tradition. Et pourtant cela pourrait faire partie de l’art textile contemporain. Elles ont de l’or dans les mains. Découvrir tout ça est une réelle chance.
De l’art dans les doigts
Parmi les arts décoratifs se trouvent l’art du tissage et de la couture. Inutile de vous préciser que ce sont mes préférés.
Pas d’usine textile. Ces tisseuses, ces brodeuses créent dans la rue, dans leur jardin, dans leur salon. Certaines ont la chance d’avoir un atelier mais elles sont rares. Pour moi c’est de la haute couture. On tisse dans toute notre vie. On tisse des liens avec des personnes. Elles, tissent des fibres naturelles pour en obtenir des tissus exceptionnels. Cela fait partie de la magie de la vie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cet article a 1 commentaire

  1. Brodez ! ❤️

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